Mes pieds se perdaient entre les papiers gras qui se confondaient aux mégots parsemés ici et là entre chaque pierre de la rue et je marchais, je marchais tranquillement, pas par pas je remontais la rue et balayait du regard l'immondisse et les déchets des pavés sans autre pensée que le vide et me bornant l'esprit à un but unique et robotique : marcher. Et mes yeux se perdaient dans la géométrie asymétrique des dalles sur le sol et qui défilaient sous mes pieds, je savais que cette nuit encore je ne dormirais pas, qu'il faudra que je contracte chaque petit muscle de mon esprit pour ne penser qu'à ce qui est bien, pour penser à eux qui étaient là et non pas eux qui n'y étaient plus. Je marchais toujours en fixant le sol, puis en observant les arabesques froides de la cathédrale qui se dessinaient un peu plus à chaque pas. Je n'avais pour autre but que marcher , je ne pensais pas, je m'aliénais le cerveau pour ne pas penser , juste marcher, un pied devant l'autre sans tomber, ce même mouvement mécanique, une poupée automatique sur les pavés de la rue.
Ils ont su me tirer de cette létargie comme eux avaient su le faire, 2008 temps de se reconstruire et de ne plus comparer.