IN EXELCIS DEO

IN EXELCIS DEO
C'est en rentrant l'esprit comme en fête,virevoltant sur chaque chose et chaque sourire , qu'elle s'est allongée et que tout lui revînt. C'est en n'y pensant pas qu'elle vivait et elle c'était senti si vivante ces derniers jours.Elle s'est bien battu pour ne pas y penser pour se bétonner le coeur et les yeux, et même sucrer son souffle et pour réapprendre à sourire. Mais Il avait été ici, elle le sentait, elle attrapait le drap qui glissait entre ses doigts elle cherchait un bras qui n'y était pas. Et puis sa voix lui revînt un souvenir qui lui glaça la visage comme le froid le matin. Sa tête lourde se balançait sur les côtés et ses yeux commençaient doucement à briller. Comme elle en avait pris l'habitude, elle se jeta sur son sac et attrapa une cigarette qu'elle fuma jusqu'a s'en brûler les lèvres, jusqu'à s'en brûler les rêves.




# Posted on Friday, 28 December 2007 at 5:57 AM
Edited on Thursday, 24 January 2008 at 7:34 AM

CHOCOLATE ROSES & PLASTIC WATER

CHOCOLATE ROSES & PLASTIC WATER
"Désormais je ne vivrais plus les choses de la même manière" c'était-elle dite accroupie sur le trottoir la robe trempant dans le caniveau. Chaque bruit lui était sourd, et chaque mouvement aveugle, mais elle perçevait distinctement chaque angle sur les mur et chaque nuance de contraste sur la pierre au sol. Elle avait couru si vite, jusqu'à ce que l'air se mette à siffler entre ses dents et qu'elle s'affale sur le béton avec un gémissement si faible, ridicule. Elle fuyait ce pourquoi elle vivait, ce pourquoi elle respirait, elle avait tellement observé les gens, et avait finalement réalisé que la vie n'est rien de plus qu'un bout de papier crayonné que l'on chiffone et l'on déchire bien fort avant de jeter. Elle n'y croyais plus, elle ne savait plus, elle était perdue. "Désormais je ne vivrais plus les choses de la même manière" c'était elle dite en se résignant a serrer les poings quitte à se mordre la peau et à en saigner et en ne cherchant plus ce qu'elle n'aurais jamais trouvé. Elle se tortillait pour étouffer ce qu'elle voulait crier, ses yeux la brûlait elle ne voulait pas pleurer, ses veines tendue teintaient sa peau de filets bleus et elle te souriait. Elle te souriait si joliement.
# Posted on Tuesday, 11 December 2007 at 11:29 AM
Edited on Thursday, 24 January 2008 at 7:34 AM

VENDREDI 7 DECEMBRE

VENDREDI 7 DECEMBRE
Elle avait traçé un trait droit à la craie sur le tableau, sans même une règle le trait était droit. Un trait blanc sur un tableau noir. La pluie claquait sur la vitre froide et humide contre laquelle je m'adossais. Le radiateur ne marchais pas et mon oreille me brûlait à forçe d'y enfoncer mon écouteur. A défaut de chauffage nous nous contentions de la transpiration de la classe précédente. J'écoutais sans même écouter et mes yeux fixés sur le tableau me donnaient l'air d'une élève concentrée , une fayote. Je guettais le moindre faux pas pour leur cingler la première remarque qui me viendrait à l'esprit. En fait c'était de la méchanceté, une accumulation de rancoeur qui ne les concernait pas. Elle parlait et je la regardais, elle croyait que je l'écoutais, je me contentais de penser, d'analyser. Ma réflexion était distante,froide, scientifique,je me régalais du spectacle qu'ils m'offraient, je me vengeais silencieusement de ce que les autres avaient pu me claquer à la gueule. Et puis Il est arrivé. Il avait tout changé, les voix, les sons, les couleurs. Et puis LUI aussi. Eux. Tout était tellement plus facile, j'étais grande, j'étais ambitieuse, j'étais forte avec eux. Et puis tout est revenu aussi vite qu'ils sont partis. Je sais désormais ce que le mot pire signifie . Ils n'ont pas seulement emporté les couleurs, ils les ont brûlé comme des drapeaux.
# Posted on Friday, 07 December 2007 at 8:50 AM
Edited on Thursday, 24 January 2008 at 7:35 AM

ET CE SOIR QUAND TU DORMIRAS N'OUBLIE PAS D'OUBLIER

ET CE SOIR QUAND TU DORMIRAS N'OUBLIE PAS D'OUBLIER
Il y en avait en pierre, il y en avait en fer, il y en avait des milliers et je cherchais. je longeais les chemins qui montaient en haut de la colline pour voir de haut, pour la trouver. Je ne voyais pas seulement des tâches grises collées à la pente, je voyais la terre, je voyais l'univers. Ces collines et ces paysages interminables au delà des murs de briques sales qui les enfermaient tous.Il y avait même des croix en bois brisées qui grinçaient avec le vent, des plaques de béton flanquées au sol. Je me brulais les lèvres à trop fumer, à la chercher, mes yeux se balançaient partout, et puis c'était mon coeur, qui ne suivait plus le rythme. Je me suis assise et j'ai soufflé, j'ai soufflé longtemps et puis j'ai ravalé une bouffée d'air glaçé avant de continuer à marcher. Le vent était si fort, il sifflait et criait comme un enfant, des noms défilaient. Il y avait des familles, des gens seuls.Et puis je ne voulais plus, j'avais envie de me coller les poings contre les yeux ,d'hurler et de m'enfuir, d'être lâche.J'avais la peur au ventre, la peur aux tripes et j'étais seule, seule au milieu de cette foule muette.J'ai sérré ma chaîne dans les mains jusqu'à ce qu'elle s'imprime sur ma peau anésthésiée par le froid , m'isolant dans le son des graviers.Et puis entre deux tombes de marbre celle en pierre était là. Elle et sa grande croix en fer forgé.Le ruban bleu aussi.Elle était là. Il était là.
# Posted on Wednesday, 05 December 2007 at 10:05 AM
Edited on Thursday, 24 January 2008 at 7:35 AM

GARDES TES SONGES LES SAGES N'EN N'ONT PAS D'AUSSI BEAUX QUE LES FOUS

GARDES TES SONGES LES SAGES N'EN N'ONT PAS D'AUSSI BEAUX QUE LES FOUS
Et c'était encore cette même fille oubliée , dans la même rue dissoute, avec ce même froid qui vous glaçait la peau comme une morsure, les mêmes murs croulants et les affiches bavantes qui se décollaient. Je la reconnaissais à son regard qui semblait fuir les angles des murs et chercher quelque chose qui ne se trouve pas. Ni son odeur, ni son visage n'interpella mes souvenirs, seuls ses yeux et ses mains me rappelèrent combien elle avait cru en ses rêves et combien de fois elle avait enfonçé ses ongles dans sa chair à forçe de serrer les poings trop fort. Je me souviens quand elle s'adossait au mur, ses doigts effritant le béton sale et qu'elle se laissait glisser à terre dans un bruit etouffé, avalant ses songes comme des aiguilles. Repliée sur le trottoir elle contemplait la réalité , elle inspirait dans ses poumons ces notes brûlantes exhalant de la perfection plastique du monde que vous imposez, que l'on voit mais que l'on n'atteint jamais.
# Posted on Tuesday, 20 November 2007 at 1:16 PM
Edited on Thursday, 24 January 2008 at 7:35 AM