Il y en avait en pierre, il y en avait en fer, il y en avait des milliers et je cherchais. je longeais les chemins qui montaient en haut de la colline pour voir de haut, pour la trouver. Je ne voyais pas seulement des tâches grises collées à la pente, je voyais la terre, je voyais l'univers. Ces collines et ces paysages interminables au delà des murs de briques sales qui les enfermaient tous.Il y avait même des croix en bois brisées qui grinçaient avec le vent, des plaques de béton flanquées au sol. Je me brulais les lèvres à trop fumer, à la chercher, mes yeux se balançaient partout, et puis c'était mon coeur, qui ne suivait plus le rythme. Je me suis assise et j'ai soufflé, j'ai soufflé longtemps et puis j'ai ravalé une bouffée d'air glaçé avant de continuer à marcher. Le vent était si fort, il sifflait et criait comme un enfant, des noms défilaient. Il y avait des familles, des gens seuls.Et puis je ne voulais plus, j'avais envie de me coller les poings contre les yeux ,d'hurler et de m'enfuir, d'être lâche.J'avais la peur au ventre, la peur aux tripes et j'étais seule, seule au milieu de cette foule muette.J'ai sérré ma chaîne dans les mains jusqu'à ce qu'elle s'imprime sur ma peau anésthésiée par le froid , m'isolant dans le son des graviers.Et puis entre deux tombes de marbre celle en pierre était là. Elle et sa grande croix en fer forgé.Le ruban bleu aussi.Elle était là. Il était là.