Cette impression de glisser sans pouvoir me raccrocher à quoi que ce soit me hantait à présent. Elle était dans mon esprit, dans ma peau et dans mes veines.Toujours le même inlassable cauchemard, la même peur de tout voir basculer à nouveau, de voir tourner les murs et le sol se tordre sous mes pieds immobiles et figés. J'y pensais quand je parlais, j'y pensais quand je mangeais, j'y pensais quand je vivais. La peur, l'intarrissable peur de perdre encore l'équilibre et de tomber contre le sol , en écorchant mes doigt contre le plancher comme pour m'y accrocher, pour ne pas tomber, cette envie d'hurler que tout s'arrête ,les poings plaqués contre mes yeux, recroquevillée, le menton contre les genoux, mon coeur parcouru de spasmes et les étagères comme dans un manège ou tout tournait tournait tournait et la musique qui s'en foutait. La musique qui continuait car elle ne voyait rien, la musique qui restait. Et mon esprit s'est mis à écouter, a percevoir les sons et chaque note qui semblait ignorer que le monde tournait, mon coeur s'est accroché à chaque mot de la chanson, et plus je pensais à la musique plus elle me tirait hors du vertige, parceque la musique ne tournait pas, elle était là à résonner comme si de rien n'était. j'ai decrispé les mains et me suis allongée sur le dos par terre, j'ai ouvert les yeux. SURRENDER

